OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Les confusions d’un dissident de WikiLeaks http://owni.fr/2011/08/23/les-confusions-dun-dissident-de-wikileaks/ http://owni.fr/2011/08/23/les-confusions-dun-dissident-de-wikileaks/#comments Tue, 23 Aug 2011 15:48:53 +0000 Olivier Tesquet http://owni.fr/?p=76747 La guerre est déclarée. Après plusieurs mois d’une médiation impossible, WikiLeaks a décidé de solder le passif avec Daniel Domscheit-Berg, l’ancien porte-parole de l’organisation. En l’espace de quelques jours, les observateurs attentifs du site le plus célèbre de l’année 2010 ont compris pourquoi celui-ci avait subitement ralenti son activité et retardait l’échéance de son prochain coup d’éclat: DDB, comme on l’appelle désormais, a détruit 3 500 documents confidentiels transmis par des sources anonymes. “Pour [les] protéger”, selon lui. Joint au téléphone, l’activiste allemand revendique son acte et explique son geste pour la première fois lors d’un entretien réalisé ce mardi par OWNI :

J’ai détruit ma copie de 3500 documents transmis à WikiLeaks entre janvier et septembre 2010. De ce que j’ai vu, seuls 10 à 20% des documents étaient dignes d’intérêt. Les plus significatifs ont été extraits et publiés par WikiLeaks en 2010. Ce qu’il restait, je l’ai détruit.

Sur les raisons d’un tel comportement, Domscheit-Berg reste évasif:

Nous avons décidé de détruire ces données quand nous avons réalisé que l’ensemble des télégrammes (du Cablegate, initié en novembre 2010, ndlr) avaient été dispersés dans la nature, par ignorance et négligence. C’est la publication la plus irresponsable que je connaisse, et si c’était le seul fruit d’une erreur évitable, mes doutes auraient pu être dissipés.

Parmi les informations perdues figureraient la liste complète des personnes interdites de vol aux Etats-Unis, des dizaines de milliers d’emails du parti national-démocrate allemand, la composition de 20 groupuscules néo-nazis. Et surtout, 5 gigabits de données relatives à Bank of America, une fuite promise de longue date par Assange. Mais pour Domscheit-Berg :

Il n’y a jamais eu de documents sur la Bank of America dans ceux que j’avais. Si vous regardez de près, vous verrez que Julian avait annoncé la publication de ces informations dès le mois d’octobre 2009. Il a renouvelé sa promesse, avant de déclarer récemment qu’il ne pouvait pas l’honorer parce qu’il était soumis au chantage de la banque. Aujourd’hui, il dit que j’ai effacé les données, ça ne colle pas. Encore une fois, les documents s’étalaient sur la période de janvier à septembre 2010, pas avant.

La bataille de Finowfurt

Pour comprendre ce règlement de comptes interne à WikiLeaks, il faut remonter au 10 août dernier. Ce jour-là, à 70 kilomètres de Berlin, dans le cadre du Chaos Communication Camp, le plus grand rassemblement européen de hackers, Daniel Domscheit-Berg présente OpenLeaks, concurrent déclaré de WikiLeaks. Pour la première fois depuis la sortie de son livre très critique à l’encontre d’Assange, l’ancien porte-parole vient défendre son projet alternatif devant un parterre de camarades pas toujours acquis à sa cause.

Julian Assange et Daniel Domscheit-Berg, quand tout allait bien

Au mois de décembre dernier, Domscheit-Berg nous présentait son prétendu robinet à fuites, encore à l’état de projet huit mois plus tard. Echaudés par ces lenteurs, les participants l’interrogent sur la fiabilité de son site. DDB leur propose d’éprouver la solidité de la structure pendant les cinq jours de l’événement. Dans une interview à l’hebdomadaire allemand Der Freitag, il affirme alors ne rien avoir emporté lors de son départ de WikiLeaks. “Nous n’avons pas un trésor de guerre dans lequel nous pouvons piocher”, soutient-il. Si la première assertion est fausse, on sait désormais que la seconde est vraie, par la force des choses.

L’initiative d’OpenLeaks est très mal perçue et déclenche la colère du Chaos Computer Club, la prestigieuse organisation de hackers allemands, dont fait partie Domscheit-Berg. Dans les colonnes du Spiegel, Andy Müller-Maguhn, le porte-parole du CCC, exprime même des doutes sur l’honnêteté de son encombrant sociétaire, “flexible avec les faits”. Il révèle en outre qu’il a joué les intermédiaires entre Assange et DDB pendant 11 mois pour essayer de sauver les documents. En vain. Quelques heures plus tard, Domscheit-Berg est exclu du CCC.

Aujourd’hui, il explique que c’est l’empressement de la médiation qui aurait précipité la destruction des documents :

Nous avons décidé que les effacer était la solution la plus sûre. Je ne compromettrai pas la sécurité d’une source pour l’intérêt d’un individu ou d’un projet. La protection des sources est prioritaire, et ça ne changera jamais. WikiLeaks n’a jamais daigné traiter avec moi directement, et j’avais fait savoir à Andy à de multiples reprises que je ne souhaitais pas discuter avec lui.

“Je n’ai jamais eu accès qu’au serveur d’emails”

Alors que la rumeur enfle en même temps que les campeurs du CCCamp rentrent chez eux, WikiLeaks décide de faire publiquement pression sur son ancien collaborateur par le truchement de son compte Twitter. “DDB crache sur tous les informateurs courageux qui font fuiter des informations s’il détruit les clés et refuse de les rendre. C’est inacceptable” :

Deux jours plus tard, Julian Assange publie un communiqué pour attester de la disparition de milliers de documents envoyés à sa plateforme. Pire, il accuse DDB de discuter avec le FBI et d’être sous l’influence de sa femme, Anke, en charge des questions d’open data chez Microsoft. Sur ces points, Domscheit-Berg refuse de s’exprimer, se contentant d’affirmer qu’il s’agit de “la chose la plus stupide qu’il ait jamais entendu”.

Le néo-dissident nie également avoir claqué la porte en emportant les clés :

En septembre dernier, quand moi et d’autres avons décidé de partir, nous avons également arrêté de financer certains serveurs. A titre personnel, j’en payais quatre. L’un d’entre eux contenait des documents à transmettre. Julian n’y a pas consacré une seule minute, et nous les avons pris parce que personne n’était capable de nous dire où les stocker.

Quant à la jachère de WikiLeaks, déjà bien ankylosé par la procédure judiciaire qui pèse sur Julian Assange (son affaire de mœurs en Suède), DDB l’impute avant tout à une mauvaise gestion :

Je n’ai jamais eu accès qu’au serveur d’emails. Je n’ai jamais rien manipulé, et la seule raison pour laquelle WikiLeaks est défaillant aujourd’hui n’a rien à voir avec moi. C’est le résultat de la paranoïa et d’une incompétence technique.

Sur son blog 21st Century Samizdat, une blogueuse australienne s’interroge sur l’opportunité de l’acrobatie de Domscheit-Berg. “Détruire des documents quand vous êtes un activiste de la transparence n’est pas très bon en termes de relations publiques”, écrit-elle. OpenLeaks, qui prétend avoir appris des erreurs de son aîné, s’efforce également de soigner son image. Mais pour beaucoup de militants de cet écosystème open source, l’effet de cette initiative un peu folle n’est pas vertueux. Il est désastreux.


Retrouvez tout notre traitement éditorial sur WikiLeaks, notre page wikileaks.owni.fr ainsi que l’ebook d’Olivier Tesquet, La véritable histoire de WikiLeaks

Crédits photo: Flickr CC andygee1, re:publica 11

]]>
http://owni.fr/2011/08/23/les-confusions-dun-dissident-de-wikileaks/feed/ 21
[Photos] Hackers sont jolies les quotes du #ccamp11 http://owni.fr/2011/08/22/photos-hackers-sont-jolies-les-quotes-du-ccamp11/ http://owni.fr/2011/08/22/photos-hackers-sont-jolies-les-quotes-du-ccamp11/#comments Mon, 22 Aug 2011 06:17:03 +0000 S. Blanc, O. Noor et JM Manach http://owni.fr/?p=76188 « I am happy. » C’est ainsi que John Gilmore a répondu à notre badine question « comment allez-vous ? », le dernier jour du Chaos Communication Camp. Le co-fondateur de l’Electronic Frontier Foundation et pionnier des logiciels libres résumait l’état d’esprit des participants du meeting géant de hackers qui s’est tenu à Finowfurt, près de Berlin, du 10 au 14 août. Comment ne pas se sentir heureux après 5 jours de rencontres avec des gens qui se font les chiens de garde des libertés numériques et, plus encore, phosphorent sur le monde de demain, dans l’environnement exceptionnel d’une ex-base soviétique transformé en musée de l’aviation à ciel ouvert, métamorphosé la nuit en discothèque géante par la grâce des spotlights, néons, boules disco et autres fumées. On passerait à côté de l’événement si on omettait de signaler la présence de drones s’élevant dans le ciel, et tant pis si certains ont fini crashés : amusez-vous et plantez-vous, qu’il disait, c’est le meilleur moyen d’avancer.

OWNI vous propose de (re)vivre cette semaine effervescente à travers un diaporama des meilleures photos en CC trouvées entre autres sur Flickr, dont celles réalisées par Ophelia Noor pour OWNI, ainsi qu’une sélection des propos les plus marquants des personnes que nous avons interviewées. Vous pourrez retrouver l’intégralité des entretiens en vidéo dans cet article.

Eric Corley, 2006 hacker quarterly

Emmanuel Goldstein est l’ennemi d’État de Big Brother dans le roman d’Orwell, l’homme que tout le monde doit haïr et qui justifie toutes les mesures sécuritaires de cet état totalitaire. C’est aussi le pseudonyme choisit par Eric Corley, figure du mouvement hacker américain et éditeur de la revue 2600.

Sur la multiplication des hackerspaces après le CCC2007 : « Il faut faire perdurer l’enthousiasme après la fin du camp. Il y a tellement de hackerspaces à travers le monde maintenant. Il y a toutes sortes de problèmes de base. Les gens communiquent ensemble et essayent de trouver des solutions pour les résoudre. Un problème qui était auparavant insurmontable ne l’est plus maintenant : financement, inscriptions, trouver un local… Toutes ces questions ont maintenant été résolues. C’est beaucoup plus simple de commencer le processus. »

« Les hackers ont toujours hacké tous types de choses : matériel, logiciels… C’est juste normal de se poser des questions, de présupposer qu’on ne nous dit pas la vérité. Contourner les règles, c’est juste une autre manière de faire les choses. »

« Non, je ne dirais pas que nous sommes plus libres qu’il y a dix ans. La vraie menace ce n’est pas tant les lois, c’est le processus mental. On pense que c’est nécessaire. Mais je pense qu’on peut contrôler ce phénomène en sensibilisant les gens. »

« Je regarde le futur comme quelque chose de foncièrement positif. Les personnes qui sont suffisamment intelligentes pour contourner le système ne représentent pas une menace mais un salut. Je suis sûr qu’avec les bonnes personnes, et il y en a plein autour de nous, on ne va pas se perdre dans une route sombre d’où on ne verrait pas la lumière. »

Attention, décollage de drone. Photo CC Flickr nylk by nc sa.

Birgitta Jónsdóttir, député islandaise

La député islandaise Birgitta Jónsdóttir est à l’origine de l’initiative Islandaise pour la Modernisation des Médias (IMMI), une résolution visant à faire de l’Islande un paradis pour la liberté d’expression, soutenue par WikiLeaks.

À propos des politiques et du numérique : « C’est vraiment inquiétant, ce manque de compréhension et cette pure hypocrisie. Les leaders occidentaux veulent que les Chinois, les Égyptiens, les Syriens ou les Iraniens se comportent d’une certaine façon, mais quand ils ont des problèmes, ils font exactement ce qu’ils dénoncent ! »

« Maintenir la liberté d’informer telle qu’elle devrait être : libre. »

« Je me considère comme une hacker “hors-ligne”, qui hacke le système en tentant de trouver les faiblesses des lois et de les améliorer pour le bien commun. »

« Et il est très important d’aider les gens à être inspirés, de les aider à co-créer leurs sociétés, et de leur donner les outils pour qu’ils y parviennent. »

« Ici, il y a une créativité incroyable, dans tous les aspects de la société, portée par des gens merveilleux. Je me sens vraiment à la maison ici. »

Macro, C-Base

Créé en 1995 à Berlin, le C-Base est un des premiers hackerspace au monde, même s’il se définit davantage comme un makerspace. Fort de 350 membres, il accueille des événements du Chaos Communication Club et des performances artistiques. Macro est leur “chef” actuel.

« Nos idées de l’époque (les 90’s, ndlr) se sont diffusées auprès d’un grand nombre de gens. »

Sur les années à venir : « Je pense qu’il sera plus “normal” de faire partie d’une communauté comme ça, que cela ne saura plus tellement “underground” ou étrange… »

Mitch Altman

Figure historique du hacking, créateur de la TV be gone, une télécommande universelle pour éteindre la télévision, fondateur du hackerspace de San Francisco Noisebridge, Mitch Altman a animé de nombreux workshops durant ce CCC11 dont un atelier soudure destiné aux enfants.

Sur le CCC 2007 : « Je ne suis pas venu ici en pensant que ça marquerait le début d’un mouvement mondial mais ça a été le cas. Trois hackers allemands ont juste fait une conférence sur comment lancer des hackerspaces. Comme nous avons prospéré, d’autres s’y sont mis et ont prospéré, et maintenant ils sont maintenant plus de 900 listés sur hackerspaces.org, tout autour du monde. »

« Ce réseau déjà existant qui va changer le monde comme jamais. »

On peut tout hacker. On peut hacker nos esprits, on peut hacker nos vies, on peut hacker la société et en faisant ça, on apprend le plus possible sur ce qui nous enthousiasme, ce que nous aimons, et nous l’améliorons et le partageons, on peut faire ça, et en le faisant nous pouvons créer plus d’opportunités, pour plus de gens de faire de meilleurs choix pour qu’ils puissent avoir des vies plus épanouissantes. »

John Gilmore

Pionnier des logiciels libres, l’Américain John Gilmore est aussi l’un des co-fondateurs de l’Electronic Frontier Foundation (EFF), la première des organisations de défense des libertés sur le Net. Il s’est aussi illustré en attaquant en justice les mesures de surveillance des passagers aériens mis en œuvre par les autorités américaines sous couvert d’anti-terrorisme.

« La liberté est un mème très puissant. »

« Votre connexion Internet sera probablement implantée sous votre peau dans 20 ans. »

« Le stockage de données se densifie à une telle vitesse qu’il sera possible d’enregistrer tout ce que vous voyez ou entendez au long de votre vie et d’en faire des archives permanentes auxquelles vous pourrez accéder. Une des choses intéressantes avec les humains, c’est qu’ils sont les seuls à pouvoir consulter leurs souvenirs. Les nouvelles technologies respecteront-elles ce principe, ou bien ouvriront-elles l’accès à ces souvenirs à d’autres ? »

« L’organisation de ces technologies et l’organisation notre propre système social pour y faire face seront les vrais défis. » « Sommes-nous assez résilients pour organiser ces systèmes ? » « À long terme, oui. La question est : combien de douleurs devons-nous endurer sur le court terme ? »

CCC soudure

Faire, refaire, défaire, à deux, quatre, six mains. Photo Christopher Schirner cc by sa.

Okhin, Telecomix

Okhin fait partie de Telecomix, qui s’est notamment fait connaître en aidant les Tunisiens et Égyptiens à se connecter à l’internet, au moyen de vieux modems téléphoniques classiques, quand leurs autorités avaient coupé, lors du Printemps arabe, l’accès au Net et au réseaux de téléphonie mobile.

« Il faut s’amuser en défendant les libertés ! Sinon, nous on ne le ferait pas. »

« Le data love est un principe très simple : nous devons aimer nos données, en prendre soin, leur donner la possibilité de se propager, de circuler, d’atteindre leurs objectifs, de ne pas être restreinte à un environnement, un endroit. C’est un peu une version hippie d’une approche de l’informatique où on ne va pas détruire mais construire avec ce que l’on a pour faire circuler des données et propager l’information et la communication partout. »

Rop Gonggrijp

Le Hollandais Rop Gonggrijp est un acteur historique de l’Internet en Europe et une figure hacker majeure. Il a, entre autres, co-fondé le premier FAI pour les particuliers, XS4ALL.

« On a atteint les limites de beaucoup de choses en même temps et nous entrons maintenant dans une ère de déclin et les sociétés vont devoir s’adapter à des circonstances qui évoluent rapidement. La résilience désigne la force et la capacité d’adaptation aux circonstances changeantes, donc une société résiliente est une société qui s’adapte bien et qui a le temps de penser qui a force intérieure utile quand une merde arrive. »

Sur l’évolution de la communauté hacker depuis 2007 : « c’est une grande communauté variée, qui comporte tous ces différents aspects : construire vos propres trucs, comprendre le monde, ça concerne la politique, ça concerne la technologie. En ce qui me concerne, c’est ce qui m’a toujours intéressé. Donc oui, dans un sens, c’est un rêve devenu réalité. »

« Même avec toutes les tentatives d’oppression que l’on voit en ce moment, faites par les gouvernements pour contrôler l’information sur Internet nous avons beaucoup de marge avant que ce soit aussi répressif dans les faits que dans les années 1980. »

James Carlson, School Factory

James Carlson a fondé School Factory, une association américaine non-lucrative qui “construit des communautés qui créent de la valeur et des espaces qui transforment l’éducation.” Hackerspaces, makerspaces, espaces de co-working, avec School Factory, l’esprit hacker souffle dans l’école.

« Les hackers peuvent changer la façon dont l’éducation fonctionne en utilisant les valeurs communautaires qu’ils ont créées la collaboration, le travail manuel pour créer différentes choses et aussi un élément de la culture hacker qui dit que que nous pouvons apprendre de nos échecs. Si l’école et l’éducation pouvaient tirer profit de la valeur de l’échec et l’utiliser comme outil pédagogique elles seraient plus efficaces. »

« Les hackers et les makerspaces sont les écoles du futur, des gens de tous âges s’instruisant ensemble sur des sujets qui les passionnent et partageant leurs expériences et leurs erreurs. »

Image de une PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales par t.animal

]]>
http://owni.fr/2011/08/22/photos-hackers-sont-jolies-les-quotes-du-ccamp11/feed/ 5
Laura et les hackers: vers le neo-design http://owni.fr/2011/08/10/laura-hackers-vers-le-neo-design/ http://owni.fr/2011/08/10/laura-hackers-vers-le-neo-design/#comments Wed, 10 Aug 2011 16:03:58 +0000 Sabine Blanc http://owni.fr/?p=65190

« Va donc au Tetalab et regarde si ça te plait. » En 2010, Nathalie Bruyère, professeur aux beaux-arts de Toulouse, suggère à son élève Laura d’aller faire un tour au tout récent hackerspace. Pour l’étudiante, ce sera une révélation, la confortant dans sa voie.

Car Laura et les hackers, c’est une vieille histoire d’amour qui a commencé inconsciemment :

Naturellement j’étais déjà un peu orientée dans cet univers, sans savoir qu’il existait. C’est surtout à la base un esprit de liberté qui se retranscrivait dans mon travail.

Quelques mois plus tôt, on a dit d’elle qu’elle faisait partie d’un groupe de “méchants hackers qui voulaient dérober des données.”, s’amuse-t-elle. En guise de vol, elle s’est livrée à du cybersquatting X en pastichant le site de la mairie de Toulouse. Il proposait des baisodromes publics et en plein air, les « baliloves », sur le modèle des Vélib’. Le but : analyser le degré de conditionnement des gens en observant dans quelle mesure ils ont gobé le discours du faux site, simplement parce qu’il se revendique d’une institution. Si l’on s’en tient à ce test, le taux de panurgisme local est notable.

Son devoir a moyennement plu à ladite mairie, qui lui a intenté un procès qui finira par un simple rappel à la loi. Il lui vaudra aussi de recevoir les félicitations du jury de son école et d’être major de sa promo. Comme quoi, la créativité est diversement appréciée.

C’est un projet sur les interactions homme-machine dans le cadre d’un atelier numérique qui la mettra sur la voie du Tetalab. “J’ai dû me mettre au AIML (Artificial Intelligence Markup Language, le code qui sert à programmer des intelligences artificielles, et qui est utilisé par les hackers, je me dépatouillais seule à l’école”, se souvient-elle. C’est alors que sa prof, dont le frère Marc est membre du hackerspace, lui donne ce précieux conseil. Laura aura désormais en soutien une bande de geeks qui a la bonne idée d’être branchée art : la petite troupe est installée dans un container de Mix’art Myris, un collectif d’artistes basé dans un énorme hangar et moyennement mairie-friendly.

Oui Laura est une fille avec du vernis ET elle soude. Un problème les garçons ?

« On t’apprend à être décomplexé par rapport à la technique »

Entre Laura l’artiste-techos et les techos-artistes, l’échange est mutuel :

« On t’apprend à être décomplexé par rapport à la technique. Pour résumer, si tu ne sais rien, ce n’est pas grave, tu apprendras sur le tas, en fonction des besoins que tu as pour ton projet, si tu en as un de précis ; tu ouvres des bécanes, tu casses, tu comprends, tu reconstitues, tu refais et refais, etc. Une fois passé ce cap de la persévérance, les choses apparaissent plus clairement. Les hackers t’apportent un soutien technique et moral. Tu apprends à maîtriser des compétences multiples, différentes mais complémentaires, comme taper du code pour un script ou réaliser un circuit imprimé. Tu deviens peu à peu pluridisciplinaire. C’est pratique quand tu veux réaliser des projets plastiques ou de design qui requiert des compétences techniques car tu peux les évaluer, calculer la faisabilité du travail, et agir sur ton travail jusque dans les moindres détails. »

Cette décomplexion est d’autant plus importante que le rapport au travail manuel est extrêmement sexué dans notre société :

Les femmes sont cantonnées aux taches conservatrices comme la cuisine ou la couture alors que les garçons, dès l’enfance vont recevoir des jouets qu’ils peuvent trifouiller. Du coup, il est beaucoup plus difficile pour une femme de bidouiller.

Et en retour, l’étudiante incite ses copains de containers à sortir du bois. Ainsi « à un moment il y a eu un appel à projet public qui concernait de la création numérique, se souvient-elle, et je leur ai dit : “allez les gars, faites-le, vous êtes forts, vous devez vous montrer aussi en tant que médium artistique et créatif et non uniquement technique et hermétique.” Je leur ai apporté l’envie de créer davantage avec leurs savoirs, leurs compétences. »

Sex Toy DIY, intelligence artificielle et scénographie cyberpunk

Si, associés à sa veine créative, code et hardware sont la doublette gagnante de Laura, c’est au prix de gros efforts et de quelques « pétages de boulette ». Led qui saute et casse tout, erreur dans le programme, il en faut de la persévérance, même bien entourée. Les difficultés qu’elle éprouve parfois en faisant de la couture, un de ses autres savoir-faire, se retrouvent : « parfois, c’est métaphysique, tu es fatiguée et tu vas passer ton stress dans tes branchements. » Mais une fois passé ce cap, « c’est royal ! »

De son immersion dans le milieu hacker, Laura a tiré une poignée de projets. Dans le genre politique ludique, dans la veine des Baliloves, les sextoys DIY (pour Do It Yourself, faites-le vous-même). Un projet qui rencontre du succès et que Laura va relancer. Si vous êtes tenté, voici le mode de fabrication exposé par leur créatrice, n’hésitez pas à envoyer des photos de vos réalisations.

Laura s’est fait les mains sur AIML avec son gorgonocephalus artefactus, « un robot conversationnel assez primitif avec des capteurs qui détecte la présence du spectateur dans son périmètre ».

Nettement plus costaud, E-motions (v. vidéo ci-dessous) est « un projet qui synthétise deux ans dans le réseau des hackers : culture, pratique, rapport homme-machine, interaction, engagement éthique, politique et social, innovation et création. Le tout axé sur des problématiques de design. C’est le résultat de tout une digestion de choses denses. » DIY et opensource, bien sûr, il sera présenté à la Novela, « le festival sur les savoirs partagés » de Toulouse. Et son grand œuvre de fin d’études, ce fut une scénographie cyberpunk, présentée fin juin.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Divergence d’appréciations

La piste empruntée par Laura est diversement goutée par l’école, professeurs comme élèves. Il y a ceux que son travail laisse indifférents, voire rebute : « ce qui dérange, c’est qu’on ne sait pas trop comment la définir, et comme les gens aiment être rassurés, ils se renferment dans leur coquille. » Et puis il y a ceux qui sont attirés par ces problématiques de transdisciplinarité. Laura joue alors les « passeuses » : « Ils viennent me voir, me posent des questions. Je transmets la possibilité de le faire à fond, de venir au Tetalab. »

Par sa démarche, la jeune femme rejoint le nombre croissant d’artistes qui se rapprochent des hackers. En France, l’école d’Aix-en-Provence est particulièrement féconde : elle a donné lieu au concept d’Eniarof, une « fête foraine punk ». À la base, c’est un projet étudiant, monté par Antonin Fourneau, rappelle Laura.

Professionnellement, Laura ne se rêve pas en artiste « pure », c’est bien le design qui l’attire mais dans une version particulière qu’elle définit en long dans son mémoire : le néo-designer, en référence au personnage de Matrix. Elle le présente comme « une hybridation du design industriel et du “design libre ou alternatif” » :

Il se redéfinirait par rapport au rôle qu’il a à jouer dans la société, l’industrie et l’économie. Ce serait un designer “pro-tech” et non pas “tech-push”.
Il serait conscient de son pouvoir et se comporterait avec responsabilité et éthique. Il défendrait une idéologie qui rejoindrait  celle des communautés DIY et de l’open source. Il mettrait en avant dans sa pratique les qualités de l’être humain, serait libre par rapport au système du marché. Et ainsi, le design cesserait de valoir “à peine plus qu’un enrobage sucré pour nous aider à consommer davantage et plus facilement”.

Une utopie ? Pas tant que cela puisque cette conception du métier de designer est déjà mise en pratique. Il y a par exemple la Free Beer proposée depuis 2005 par le collectif d’artistes danois Superflex et des étudiants de l’université de Copenhague. Free pour libre et non gratuite, comme les logiciels : la recette et les techniques de brassage sont sous licence Creative Commons, ce qui permet de les partager et remixer, y compris à des fins commerciales, et encourage donc « une forme d’économie participative et locale. »

En France, Christophe André, un ancien ingénieur, prône lui aussi un « design libre », en contrepoint à l’obsolescence programmée. Des entreprises s’y mettent également, comme Meta IT, une société qui fait dans « l’informatique durable pour l’entreprise », basée à Talence. Elle propose entre autre ALT®, un ordinateur de bureau éco-conçu et recyclable qui ne propose que le nécessaire. Et ce n’est pas fabriqué par des Chinois de Foxconn, mais en France.

Laura cherchera une entreprise où le courant passera comme dans ce circuit homemade.

Trouver un compromis équilibré pour ne pas se fourvoyer

Lucide, Laura sait que son projet professionnel ne sera toutefois pas une sinécure :

Il n’y a pas de structure pour l’instant dans le monde professionnel pour ce type d’approche. En tout cas, pas ou trop peu de structures viables. Il faut donc les construire. C’est presque impossible de postuler, seule dans mon coin, dans une entreprise avec cette position, c’est trop brutal, ça fait peur. Il y a des filières de design d’interaction qui s’ouvrent dans les écoles d’arts et de design. Je pense que je vais commencer à faire un tour par là pour voir ce qui s’y développe et voir quelle est la politique de ces pratiques.

Je pense persévérer même si ça risque d’être un chemin de croix. J’aimerais passer, peut-être pas ma vie, mais une partie de ma vie, à ce que les gens prennent conscience que certaines pratiques et habitudes, qui pouvaient être positives à une certaine période, sont devenues mauvaises. Il faut changer les choses et on a oublié que les gens pouvaient changer les choses.

Si le Danemark ou la Suède ont une approche du design qui lui correspond davantage, son avenir proche se jouera à Genève, où elle va suivre l’année prochaine un master média design à l’HEAD. La suite de l’itinéraire sera une question de compromis équilibré. Laura avoue ne pas avoir de certitude :

Qu’est-on prêt à laisser et à ne pas laisser quand on travaille avec des institutions et des entreprises ? En fonction de cela, il faut voir si on se fourvoie ou pas. J’ai peur comme plein de personnes de tomber dans le piège : il faut se nourrir… Et du coup on finit par oublier la finalité du projet. J’essaye toujours de ne pas m’accommoder. [Elle hésite]

Mais je ne sais pas. Si je travaille avec une entreprise avec une ligne éthique et une dimension humaine et qui veut quand même faire de la production, mais qui s’intéresse au client pas uniquement comme un consommateur et un moyen d’accroitre le bénéfice, là je serai prête à faire des concessions.

Il lui faudra rester vigilante, en ces temps où, elle le dénonce elle-même, le développement durable est « du marketing, de la récupération. C’est ça le problème, il faut arriver à avoir la force, et c’est pour cela que je salue le travail de Massimo Banzi [en], le co-créateur des circuits imprimés Arduino [en]. Il a transcendé le problème en ouvrant tout. »


Photos par Ophelia Noor pour Owni /-) [CC by nc sa]

MAJ : rectification sur l’AIEML et le site de la mairie de Toulouse, suite aux remarques des lecteurs.

]]>
http://owni.fr/2011/08/10/laura-hackers-vers-le-neo-design/feed/ 24
En direct depuis le Chaos Communication Camp http://owni.fr/2011/08/10/en-direct-depuis-le-chaos-communication-camp/ http://owni.fr/2011/08/10/en-direct-depuis-le-chaos-communication-camp/#comments Wed, 10 Aug 2011 12:29:46 +0000 S. Blanc, O. Noor et JM Manach http://owni.fr/?p=75892 OWNI a planté sa tente au Chaos Communication Camp pour 5 jours. Le lieu ? Une ancienne base militaire de la RDA, truffée d’avions de l’époque, et reconvertie en musée en plein air. 3500 hackers sont attendus pour ce qui passe pour le plus grand rassemblement du genre en Europe. Stay tuned /-)

Dans les épisodes précédents:

- Jour 1 : Le Storify de l’arrivée de l’équipe d’OWNI sur place
- Jour 2 : Interviews vidéo de James Carlson et de Quentin Noirfalisse
- Jour 3 : Où l’on apprend qu’il y a des enfants dans un campement de hackers et ce qu’est le “Guerrila Knitting”
- Jour 4 : Interviews de John Gilmore (EFF) et de Okhin (Telecomix)
- Jour 5 : Interviews vidéo de Birgitta Jònsdòttir, Macro du C-Base, Mitch Altman, Benjamin de la Quadrature du Net et Eric Corley

Mitch Altman

Le visage serein de Mitch Altman, le créateur de TV-be-gone, figure historique des hackers.

Photo Ophelia Noor CC by sa nc

#cccamp11 Day 5

Eric Corley – 2006 hacker quarterly : « c’est normal de présupposer qu’on ne nous dit pas la vérité. »

Emmanuel Goldstein est l’ennemi d’État de Big Brother dans le roman d’Orwell, l’homme que tout le monde doit haïr et qui justifie toutes les mesures sécuritaires de cet état totalitaire. C’est aussi le pseudonyme choisit par Eric Corley, figure du mouvement hacker américain et éditeur de la revue 2600.

Birgitta Jónsdóttir : “Maintenir la liberté d’informer telle qu’elle devrait être : libre.”

La député islandaise Birgitta Jónsdóttir est à l’origine de l’initiative Islandaise pour la Modernisation des Médias (IMMI), une résolution visant à faire de l’Islande un paradis pour la liberté d’expression, soutenue par WikiLeaks.

Macro: “J’espère que faire partie d’un hackerspace ne sera plus aussi underground”

Créé en 1995 à Berlin, le C-Base est un des premiers hackerspace au monde, même s’il se définit davantage comme un makerspace. Fort de 350 membres, il accueille des événements du Chaos Communication Club et des performances artistiques. Rencontre sous leur tente avec Macro, leur “chef” actuel.

Mitch Altman : « ce réseau de hackerspaces va changer le monde comme jamais »

Figure historique du hacking, créateur de la TV be gone, une télécommande universelle pour éteindre la télévision, fondateur du hackerspace de San Francisco Noisebridge, Mitch Altman a animé de nombreux workshops durant ce CCC11. OWNI l’a attrapé au détour d’un atelier soudure destiné aux enfants.

À lire aussi sur OWNI, une interview de Mitch Altman.

LOL = Lots Of Leds

r0ket, le badge électronique distribué aux participants du CCC, permet de jouer à Space Invaders, entre autres fonctionnalités, et de nombreux hackers l’ont déjà modifié. Benjamin, de la Quadrature du Net, en profite pour nous présenter le LoL, un kit qui permet, notamment, de jouer à Tetris…

#CCCAMP11 – Hack da Rocket badge ! [FR] from Owni on Vimeo.

 

#CCCAMP11 – LoL Shield Arduino [FR] from Owni on Vimeo.

La tente de Telecomix au CCC11.

Photo Ophelia Noor CC by sa nc


#cccamp11 Day 4

John Gilmore

Pionnier des logiciels libres, l’Américain John Gilmore est aussi l’un des co-fondateurs de l’Electronic Frontier Foundation (EFF), la première des organisations de défense des libertés sur le Net. Il s’est aussi illustré en attaquant en justice les mesures de surveillance des passagers aériens mis en œuvre par les autorités américaines sous couvert d’anti-terrorisme.

Okhin, de Telecomix

Okhin fait partie de Telecomix, qui s’est notamment fait connaître en aidant les Tunisiens et Égyptiens à se connecter à l’internet, au moyen de vieux modems téléphoniques classiques, quand leurs autorités avaient coupé, lors du Printemps arabe, l’accès au Net et au réseaux de téléphonie mobile.


#cccamp11 Day 3

Le tricot subversif

Sur un canon de char, autour d’un micro de pilier… lors de cette édition 2011 du CCC, on a vu fleurir de-ci de-là des pièces de tricot. C’est l’œuvre du groupe “Hackers on a needle”. Un art utile, mais pas dans le sens où mémé l’entend : le tricot tient chaud mais en plus, c’est une technique ancestrale de chiffrement de message, bref de l’encryptage ultra-résilient. Explications avec Medusa, Anke, Tessa et leurs amies, autour de pelotes de laine dans la tente d’OpenLeaks.

À voir aussi :
Reportage de Tracks sur le yarn bombing
Images de guerilla knitting
http://yarnbombing.com/
Groupe Flickr Urban knitting

Rop Gonggrijp : « un rêve devenu réalité »

Le Hollandais Rop Gonggrijp est un acteur historique de l’Internet en Europe et une figure hacker majeure. Il a, entre autres, co-fondé le premier FAI pour les particuliers, XS4ALL.

De la cave au jardin d’enfants

Prenez une ancienne base militaire de la RDA, transformée en musée du souvenir des restes de l’aviation crypto-soviétique, et invitez-y quelque 3500 hackers, pendant 5 jours… Bienvenu au Chaos Communication Camp 2011, le plus grand rassemblement de ce type en Europe, et l’un des plus gros dans le monde, organisé par le Chaos Computer Club (CCC), la plus ancienne, la plus influente, et la plus importante des organisations de hackers au monde.

La statue de Lénine ? Ils lui ont rajouté deux platines, un casque, façon DJ. Les arbres et les avions servent d’écran 3D de projection, illuminés, la nuit, de spots de toutes les couleurs. Et le nez de l’un des coucous a été recouvert d’une sorte de chaussette bariolée tricotée par un hacker. Car il y a aussi un atelier “tricot pour les nerds”, et même un projet collaboratif, un peu plus subversif que les pulls de mamie , et on a vu plusieurs “hackeuses” passer le temps en croisant les aiguilles.

Les immenses bunkers aux portes en béton armé, épaisses de plus de 50 centimètres, sont utilisés comme salles de conférence, ou pour accueillir ceux qui veulent connecter leurs ordinateurs à une prise de courant. Entre les deux principaux bunkers, une navette spatiale. Normal : l’objectif affiché, cette année, est d’envoyer dans l’espace un satellite, construit par des hackers, afin d’empêcher quiconque de pouvoir censurer l’Internet. Puis d’envoyer un hacker en orbite, puis sur la Lune…

Utopie ? Pas forcément… La précédente édition avait de fait contribué à révolutionner les pratiques et la perception que l’on se fait de cette communauté. A l’époque, on ne dénombrait “quequelques dizaines de “hacklabs”, ateliers destinés à rendre les gens indépendants des multinationales du web grâce aux logiciels libres, et lieux de démocratisation du hack et de la bidouille, dans des squatts et centres sociaux italiens et espagnols notamment. A Berlin, le C-Base à Berlin, ainsi que le Metalab à Vienne, voulaient donner plus d’ampleur à ce que l’on appelle aujourd’hui les hackerspaces. L’idée : créer des lieux d’échange et de partage pour permettre aux hackers de bidouiller et développer des projets et objets physiques, et plus seulement logiciels.

Que mille hackerspaces fleurissent

Des Américains, venus en 2007 au précédent CCC dans le cadre d’une tournée européenne organisée par Hacker on a plane, une sorte de Croisière s’amuse aérienne pour hackers, y découvrirent ces hackerspaces, et en importèrent le concept aux États-Unis. Aujourd’hui, on en dénombre près de 500 dans le monde, dont plus de 150 aux USA.

Si l’image du hacker reste encore accolée aux questions de sécurité informatique, la réalité est tout autre : ici, on parle et bidouille aussi et surtout la téléphonie, les robots, drones, et tout ce que l’on peut faire ou imaginer avec l’électronique.

Ceux qui ont ramené un téléphone Dect (ces téléphones sans fil utilisés à la maison), ainsi que ceux qui ont désimlocké leurs mobiles, peuvent ainsi utiliser le réseau téléphonique déployé sur la base, et qui permet de téléphoner, gratuitement, entre hackers participants. De vieux postes militaires des années 60, que l’on active à la manivelle, ont même été réactivés.

Plusieurs “dataloos”, sorte de cabine de toilettes, sont installées dans le camp(ing) pour permettre aux hackers de se connecter physiquement au Net, et au courant, depuis la tente. La nuit, sous la pluie, des dizaines restent ainsi assis sous leurs auvents, certains jusqu’à l’aube, devant leurs écrans. D’autres ont dressé d’immenses tentes où ils ont aussi installé fers à souder et autres imprimantes 3D pour triturer micro-contrôleurs et moult autres composants électroniques.

Le badge distribué à l’entrée à chacun des conférenciers ? Un fusée Do-It-Yourself, à monter soi-même, le r0ket, avec un écran de téléphone que l’on customise pour y faire défiler son pseudo, des fractales, générer des mots de passe ou encore… jouer à Space Invaders. Une tente est d’ailleurs dédiée aux jeux vidéos old school. Pour ce que le ludique est le propre du hacker, comme l’avait expliqué Pekka Himanen dans son Éthique hacker.

Finie, l’image du mâle nerd boutonneux greffé à son pizza-Cola devant son PC. Aujourd’hui, la boisson reine des hackers est le Club-Mate, sorte de thé argentin dont le taux de caféine naturelle (20mg pour 100 ml) est censé maintenir les sens en éveil.

Mais surtout, question de génération, de plus en plus de hackers ont aussi des enfants. Car si la majorité des participants sont des hommes, pour partie barbus (dont certains en jupe), le CCC accueille également plusieurs dizaines de bébés et enfants, venus camper avec leurs parents dans l’espace réservé aux familles, et qui ne sont pas les derniers à s’émerveiller devant les nombreux robots, quadricoptères et drones bariolées de Leds colorées qui volent en quasi-permanence au-dessus du Camp.

Par-delà les questions de logiciels et de sécurité informatique, qui continuent bien évidemment à passionner les hackers, l’enjeu, aujourd’hui, est aussi de hacker l’espace physique. L’objectif ? S’amuser, repousser les limites, apprendre à être indépendant de ceux qui fabriquent les objets à notre place, et déployer dans le monde physique les valeurs humanistes de partage et de biens communs qui ont fait la force du logiciel libre et de l’éthique des hackers.

Photos : Ophelia Noor CC by sa nc


#cccamp11 Day 2

James Carlson, « les hacker et les makerspaces sont les écoles du futur »

James Carlson a fondé School Factory, une association américaine non-lucrative qui “construit des communautés qui créent de la valeur et des espaces qui transforment l’éducation.” Hackerspaces, makerspaces, espaces de co-working, avec School Factory, l’esprit hacker souffle dans l’école.

Lancé en mai dernier par quatre jeunes gens sur le site du quotidien belge Le Soir, le bloggeek politics explore la dimension politique de l’Internet, toutes ces initiatives citoyennes qui montent en puissance. Ce projet, soutenu par le Fonds pour le Journalisme, une initiative de l’AJP, et financé par la Communauté française, aboutira à un webdocumentaire en 2012. Interview d’un de ses quatre animateurs, Quentin Noirfalisse.

Cliquer ici pour voir la vidéo.


#cccamp11 Day 1

Retrouvez notre dossier sur le Chaos Communication Camp 2011 :


Crédits Photo FlickR CC : by-nc-sa Ophelia Noor

]]>
http://owni.fr/2011/08/10/en-direct-depuis-le-chaos-communication-camp/feed/ 14
[Dataviz] Dessine-moi un hacker http://owni.fr/2011/08/09/dataviz-infographie-hackerspaces-dessine-moi-un-hacker/ http://owni.fr/2011/08/09/dataviz-infographie-hackerspaces-dessine-moi-un-hacker/#comments Tue, 09 Aug 2011 14:08:15 +0000 Sabine Blanc http://owni.fr/?p=74367 Le cliché représente le hacker comme un jeune nerd blanc planqué derrière son ordinateur, occupé à quelque activité malfaisante du type “pirater la carte bancaire de cette pauvre Mme Michu“. Au mieux, affairé à coder jour et (surtout) nuit, une pizza tiède sur les genoux.

Une image à l’encontre de la diversité des profils que recouvre ce terme. Thésard en sciences de l’information à Tampere, en Finlande et fondateur du hackerspace 5w [fn], Jarkko Moilanen a réalisé une étude [en] pour cerner de façon plus juste cette communauté qu’il définit par le terme “peer-production” (production par les pairs).

La création de hacker/maker-spaces dans de nombreux pays a fourni une infrastructure qui peut être considérée comme un retour au hacking “old school“, où le logiciel n’est pas roi. Cette nouvelle culture “Do it yourself” est multiforme : hackerspace, makerspace, fablabs, 100k garage [en] pour n’en mentionner que quelques-uns. Vous pouvez en lire davantage dans l’article de Troxler [pdf , en].

Après une première étude en 2010, Jarkko a réitéré l’expérience, en la complétant. Les questionnaires ont été envoyés durant la deuxième quinzaine de juin, via des listes de discussion de hackers et hackerspaces, de groupe DIYbio (bio-hackers), afin d’éviter de biaiser les résultats comme cela aurait pu être le cas en passant par des réseaux sociaux, plus ouverts par nature. Il a reçu environ 250 réponses de 87 communautés dans 19 pays, soit un petit cinquième si l’on s’en réfère à la carte collaborative de hackerspace.org, qui en dénombre environ 500, contre 200 retours la première fois. En dépit d’un échantillon faible, les résultats valent la peine d’être observés, en attendant des études à plus vaste échelle. Jarkko exprime sa satisfaction globale :

“Les résultats reflètent les conclusions effectuées par d’autres chercheurs. J’ai reçu un email d’un autre chercheur, qui indiquait que nous avions tous les deux trouvés des résultats similaires en partie. Toutefois, ils doivent être regardés avec précaution et seulement comme préliminaires”.

Google pose question

Les limites principales concernent la forme même du questionnaire, qui en l’occurrence s’est avéré un choix philosophique sujet à caution :

“Comme l’année dernière, l’étude a été menée en utilisant des formulaires Google Docs. Cela a été critiqué et j’admets que la critique est fondée. Faire des études avec des outils que certains hackers considèrent au moins comme « injuste » et propriétaire n’est pas bon. Certains hackers n’ont pas répondu à l’étude pour cette raison. Dans le futur, de telles études devraient être conduites avec d’autres outils, de préférence des solutions open source. “

En outre, Google est difficilement accessible en Chine, entre autres, ce qui fausse les résultats sur l’origine géographique. Autre limite, le choix d’une langue unique, l’anglais, même si a priori, un hacker sait lire et écrire dans la langue de Shakespeare. Les résultats corroborent la carte collaborative des hackerspaces qui montre aussi une forte concentration en Amérique du Nord et en Europe. Ceci dit, les difficultés d’accès au Net dans certains pays valent aussi pour ce travail.

Selon Jarkko, la réception dans le milieu a été bonne : “J’ai eu des retours positifs. Un hacker parisien m’a invité en France pour faire une petite présentation et discuter des résultats. Apparemment, il n’existe pas de grosse résistance contre mes recherches, puisque hackerspaces.org/wiki contient encore des liens vers elles :) Le silence vaut acceptation.”

Voici la synthèse de son travail sous la forme d’un joli poster mitonné par Loguy, notre directeur artistique préféré, que vous pouvez télécharger en .pdf en cliquant dessus. Certains résultats étaient prévisibles, comme l’âge moyen des membres et la forte proportion d’hommes. Un seul est vraiment étonnant : 85% des hackers interrogés sont favorables à ce que les entreprises financent leur communauté sous la forme de dons en équipement, alors qu’a priori on pourrait penser qu’ils éprouveraient de la méfiance envers ces dernières. On notera aussi que les questions de sécurité, centre d’intérêt historique des hackers, n’apparaissent pas dans le trio de tête de leur centres d’intérêt, et c’est un signe des temps.

Infographie sur les hackerspaces

Retrouvez notre dossier sur le Chaos Communication Camp 2011 :

]]>
http://owni.fr/2011/08/09/dataviz-infographie-hackerspaces-dessine-moi-un-hacker/feed/ 0
Chaos Communication Camp 2011 : c’est le hack général ! http://owni.fr/2011/08/09/chaos-communication-camp-2011-cest-le-hack-general/ http://owni.fr/2011/08/09/chaos-communication-camp-2011-cest-le-hack-general/#comments Tue, 09 Aug 2011 10:04:21 +0000 Sabine Blanc http://owni.fr/?p=73852 Août 1999, le premier Chaos Communication Camp est organisé par le Chaos Computer Club [en], mythique hackerspace berlinois. Au menu, essentiellement la sécurité « ou plutôt l’insécurité », pour reprendre les termes de Wired [pdf, en]

Une décennie après, la sécurité n’est plus qu’un thème parmi d’autres : désormais, c’est notre société entière qui se hacke, comme une réponse concrète à la crise morale, économique et politique qui ronge le système actuel. Une évolution qui résume à elle seule le changement de dimension des hackers, passés de la cave hermétique à la lumière de la place del Sol madrilène. Ou peut-être est-ce tout simplement l’époque qui leur est favorable : il est fini, le temps de l’avant-garde ?

1999 : « Nerds, hackers et phreaks de la terre entière »

Le « Woodstock des hackers » a donc commencé voilà plus de dix ans [en] à Altlandsberg, à côté d’un lac. Il s’inspire de HIP, Hacking in Progress [nl], un festival du même type qui a eu lieu deux étés plus tôt, à côté d’Amsterdam, en un peu plus organisé.

« Nerds, hackers and phreaks from around the world », ils sont environ 1.500 à réfléchir ensemble pendant trois jours sur des questions très techniques : failles de sécurité, cryptographie, re-engineering et… crochetage de serrure, y compris sous l’eau, pour le pur plaisir de la mécanique neuronale. Le centre névralgique : une tente géante où s’alignaient les ordinateurs, connectés à un réseau sans fil ; autour, selon sa marotte, chacun pouvait s’installer dans un des villages thématiques [en]. L’un d’eux est tout de même dédié à « l’art et la beauté » [en], en clair l’utilisation des technologies dans un cadre créatif.

La légende [en] raconte que ce petit monde -est-il utile de préciser son sexe ?- avait pour mission de réparer un vaisseau, Cœur-en-Or, dont l’ordinateur central a capoté. L’engin trônait au milieu du champ, rutilant comme C3PO. Le récit en sera repris les éditions suivantes.

Si l’activité cérébrale est intense, l’ambiance est au grand camp de vacances plutôt qu’à la prépa ingénieur. Dans la leisure lounge, des DJ jouent de la musique, la bière est aussi abondante que le débit et il se peut que des space cakes voire des space waffles circulent. La violence est bannie : c’est ainsi qu’en guise de punition, un jeune participant qui a essayé de s’en prendre au réseau s’est retrouvé à nettoyer les toilettes.

Cet aspect nerd potache ne doit pas faire oublier une caractéristique propre aux hackers allemands à l’origine de l’événement, que résumait d’une phrase Wired [pdf, en] : « Le mouvement hacker en Allemagne est tellement sur le devant de la scène qu’il s’est quasiment imposé comme une branche du gouvernement. » Interrogé par Computer World [pdf], le porte-parole du CCC Andy Muller-Maguhn « note que contrairement aux États-Unis, qui impose des restrictions à l’exportation sur le cryptage, les hommes politiques allemands ont écouté les conseils de la communauté hacker et ont donc choisi de ne pas imposer des contrôles similaires. »

Les gens ont toujours eu une réflexion critique sur le fascisme, c’est pourquoi ils veulent avoir la main sur la technologie et non être soumis à elle.

Pour technique qu’elle soit, avancent ses partisans, la cryptographie est surtout une façon de défendre la liberté de l’information. Computer world [pdf, en] rapporte ainsi les explications de Dave Boyce, qui travaille pour un FAI à Amsterdam. Il « a déclaré que le but final du Camp était de créer un réseau d’activistes technique et humain pour défendre de telles politiques. »

Il est important que la crypto soit libre de tout contrôle gouvernemental afin que nous puissions échanger l’information librement parce qu’en fin de compte, notre liberté commence avec l’échange d’information. Ce que nous faisons, c’est créer un cadre pour la liberté de l’information.

Cette spécialisation sur les questions de sécurité fait aussi déjà des hackers, par l’odeur des compétences alléchées, une cible de choix des entreprises et des gouvernements. David Del Torto, directeur des technologies pour les services de sécurité chez Deloitte & Touche à San Francisco organise ainsi des ateliers intitulés « Prends ce boulot et pingue-le » ou « hacker les échelons de l’entreprise pour le fun et le profit ». Mais attention, comme le journaliste est prié de se tenir à carreau, le chaland venu pour les affaires en sera pour ses frais, au sens propre du terme : les « visiteurs business », c’est-à-dire toute personne « riche ou travaillant pour une entreprise ou un gouvernement qui veut que vous soyez présent au Camp car il y a beaucoup à apprendre ou parce que vous avez un certain intérêt commercial », doivent payer un ticket d’entrée de 1.500 marks, soit environ 770 euros.

Mais certains de déplorer cette mono-maniaquerie, comme Stephanie, une jeune Amsterdamoise [pdf, en] : « C’est sympa de camper, mais à HIP, il y avait davantage de gens intéressants et divers. »

2003 : « c’est un état d’esprit »

L’édition suivante [en], qui est passée à quatre jours, semble avoir entendu son appel. Si les intitulés des conférences [en] sont abscons pour le profane (« why PKI and digital signatures suck », « Selinux – the NSAs secure Linux », « Congestion control in IP networks »), le politique plane au-dessus du Camp, comme les drones miniatures bricolés par des participants. Il suffit de lire l’introduction au programme des conférences :

Le Camp vise à promouvoir les échanges entre les idées et les concepts techniques, sociaux et politiques afin de trouver de nouvelles manières de rendre ce monde un petit peu plus amical pour les êtres intelligents.

Dans la vidéo de présentation [en], un des organisateurs explique que si le CCC « n’est pas un événement commercial mainstream, c’est pour les hackers, et il existe un éventail large de hackers. Ce n’est pas que le stéréotype du gars derrière son ordinateur, il s’agit davantage d’une approche générale sur la façon de voir la vie et d’appréhender les choses. [...] C’est un état d’esprit. »

Longue barbe à la Stallman, casquette, jupe et sweat très baba cool, John Gilmore, un des fondateurs de l’EFF, hacker historique et grande figure du mouvement cypherpunk, développe son point de vue : « L’affaire John Gilmore vs John Ashcroft a commencé car je n’aimais pas la politique américaine qui consistait à exiger des gens qu’ils montrent leur carte d’identité avant de pourvoir prendre l’avion. J’ai pensé que c’était inconstitutionnel. Ce n’est pas une bonne chose pour une société libre et ouverte. C’est bon pour un État policier. » Et de raconter devant une assemblée acquise à sa cause une anecdote : en voyage de San Francisco à Londres, il arborait un badge « Suspected terrorist ». Le capitaine lui demande de le retirer, il refuse, arguant que c’est « une déclaration politique », l’invitation se transforme en ordre car « il met ainsi en danger la sécurité de l’avion et qu’il viole la loi fédérale ».

Et entre deux discusions socio-technico-politiques, les campeurs qui ont envahi les 60.000 m2 s’amusent, parce que ce sont au fond, comme l’explique un organisateurs, des enfants : LEGO, jeu de go géant, castagne amicale, baignade…

2007 : « hackers, artistes et formes de vie associées »

Cinq jours de réjouissances et un déménagement à Finowfurt, sur l’aéroport jouxtant le musée de l’aviation [de], installés dans une ancienne base soviétique, au milieu des hangars peuplés d’avions : « hackers, artistes et formes de vie associées » s’ébrouent lors de la dernière édition [en] sur leur nouveau terrain de jeu de 100.000 m2. Entendre par « formes de vie associées » les makers, fablabs, et autres adeptes du DIY, autant de gens qui font la révolution eux-mêmes.

Signe des temps, le communiqué de presse [en] présentant le programme des 76 conférences attaque par l’aspect politique : « De sujet plus politiques comme la surveillance croissante de l’individu, en passant par les nanotechnologies, jusqu’aux attaques sur les réseau GSM, et autres sujets relatifs à la sécurité, il y a toujours quelque chose d’excitant. » Les animations [en] sont rangées selon six catégories : général, hacking, société, science, communauté et culture. On y emmènerait presque sa mère…

Un atelier s’intitule carrément « Global Democracy ». Normal, quand le but de la réunion est d’avoir des discussions sur des « idées technico-créatives pour le monde d’aujourd’hui et de demain. » Et en parlant de demain, une crèche accueille les bébés-hackers.

Autre signe, le discours envers la presse [en] est maintenant plus enrobé : « la presse est  la bienvenue  – l’ouverture envers le public a toujours été et est une des valeurs-clés du CCC. Toutefois, nous vous demandons de faire attention à certaines règles sur le respect de la vie privée de nos invités », c’est quand même plus sympa que d’attaquer directement sur le respect de la vie privée, comme en 2003 [en].

2011 : « une proposition modeste pour les 23 prochaines années »

La mouture 2011 [en] reprend, en l’amplifiant, la ligne de la précédente édition, invitant encore « les hackers et formes associées » aux « échanges libres d’idées technique, sociale et politiques » (voir la longue liste des animations [en] programmées).

Tout cela excite au plus haut point la petite communauté française qu’on retrouve un peu partout notamment dans la FrenchEmbassy, le village de la Quadrature et le village gaulois. Petit sondage express sur ce qui leur plaît le plus, à l’instar de Marc, du Tetalab, qui se félicite de cette « approche de plus en plus tournée sur les makers et qui s’ouvrent sur les citoyens » :

Alex (Tetalab) : « le badge r0ket (le badge du CCC 2011, mode de fabrication ici, [en], ndlr) ; la conférence de DYNDY sur Bitcoin et les nouveaux systèmes monétaires, je trouve ça dur a expliquer à des gens, eux arrivent à très bien formuler toutes ces idées ; celle sur le grassroot Internet [en] avec Rop Gonggrijp, un des fondateurs de XS4ALL4 ; et celle intitulée « Journalism needs hackers to survive » [en]. Ce n’est pas OWNI qui le contredira :)

Hop (Tetalab) : « l’engagement technologique et politique ; le réseau alternatif de satellites ». La thématique de l’espace est à l’honneur cette année, avec le Hacker Space Program qui envisage, outre le « banal » lancement d’un réseau satellite, rien moins que d’envoyer un hacker sur la Lune en 2034, histoire de se substituer aux Etats défaillants sur le terrain de l’exploration spatiale.
S (Tetalab) : « Se  retrouver avec d’autre hackerspaceux français et européens autour d’un bon verre de Club-Mate (un thé gazeux sans alcool, ndlr) ; tout ce qui concerne la radio (GSM, Tetra, RFID,  WiMax), la présence (que j’espère massive) de quadricoptère DIY et de  RepRaps. »

Sylvain (LOG) : « Retrouver les hackerspaceux parisiens, toulousains, niçois, suisses et les Nordistes dans une ambiance bon enfant ; participer à des workshops qui peuvent s’étaler sur quelques jours, comme le montage d’une imprimante 3D, d’un microdrone, ou s’improviser en fonction des demandes ; discuter de l’avancée de projets luttant pour garder un Internet libre (Tor, La Quadrature, Telecomix), et des projets de déploiement d’infrastructure décentralisée, résiliente, et sous contrôle citoyen (réseaux WiFi mesh, réseaux sociaux décentralisés, “Pirate Box”, etc) ; et en plus on va avoir le droit à Dan Kaminsky dont les présentations mélangent adroitement l’aspect informatif et la grosse comédie qui tâche :) »

Présent ces cinq jours, OWNI ne boudera pas son plaisir de néophyte et tentera de jongler au mieux entre les tentes pour vous rapporter la substantifique moelle de l’événement, le tout sans faire tomber son verre de bière.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Retrouvez notre dossier sur le Chaos Communication Camp 2011 :


Photo de une: Ophélia Noor

Crédits photos Flickr CC PaternitéPartage selon les Conditions Initiales cosmo flash, Paternité cocoate.com, PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales markhoekstra.

]]>
http://owni.fr/2011/08/09/chaos-communication-camp-2011-cest-le-hack-general/feed/ 9